15.12.2009
Les services de de l'Etat n'économisent pas leur énergie...

... répressive et autoritaire...
Après l'acharnement* dont il a été systématiquement victime depuis qu'il a commis ce qui semble être un crime de "lèse-président", Bastien Cazals ne s'étonne plus du sort que lui réserve sa hiérarchie.
Le dernier épisode a démarré lors de la Commission Administrative Paritaire Départementale (CAPD) qui s'est réunie ce jeudi 10 décembre : l'Inspecteur d'Académie de l'Hérault y a fait savoir qu'il suspendait la promotion de 6 enseignants du primaire (et donc leur évolution de carrière) « en attente de procédure règlementaire ». Parmi ces 6 enseignants, figurent 3 "désobéisseurs" et parmi eux, Bastien Cazals.
A l'annonce de cette décision, les représentants du personnel ont déclaré, dans un communiqué commun, "qu'il s'agissait là d'une mesure disciplinaire arbitraire et que la CAPD du jour ne pouvait donner lieu à de telles décisions. Pénaliser des collègues dans le déroulement normal de leur carrière s'apparente [pour le SNUipp, le SE-UNSA et Sud-Education] à un abus". Ils ont également affirmé refuser "cette nouvelle démonstration d'autoritarisme, s'assimilant à une double peine" et demandé "fermement le retour à des pratiques paritaires règlementaires."
A la suite de cette déclaration intersyndicale, tous les représentants du personnel ont décidé de ne plus siéger et de quitter la salle.
Comment ce responsable hiérarchique peut-il se moquer si ostensiblement des règles établies et des valeurs communes de notre démocratie ? Est-ce le modèle autoritariste dont fait preuve le président de la République qui inspire certains fonctionnaires zélés, tentés par l'abus de pouvoir ?
Plutôt que de se hasarder à des comparaisons douteuses, Bastien Cazals souhaite que ce nouvel épisode dans le bras de fer qui l'oppose à son administration permette d'attirer le regard sur ces dérives et, par-dessus tout, sur le désastre républicain auquel nous assistons tous et qui va bien au-delà des simples questions d'éducation.
Heureusement, Bastien Cazals se réjouit du nouvel élan que prend la mobilisation autour de l'enseignement public, en cette fin d'année 2009 : en attestent le mouvement contre la suppression de l'histoire et de la géographie en Terminale scientifique qui recueille plus de 23350 signatures, les 681 nouvelles plaintes déposées par les parents contre le fichier Base-Elèves, la lettre ouverte et la demande d'audience demandée au ministre de l'Education Nationale par le collectif RASED, les appels à la grève ou au boycott des évaluations nationales de CM2 qui pointent de nouveau leur nez...
Il est plus que temps de réagir collectivement et massivement ! Toutes les réformes dénoncées dans son livre « Je suis prof et je désobéis » (Indigène Editions, 3€), paru en mai 2009 et déjà tiré en 13.000 exemplaires, sont appliquées les unes après les autres et toutes les menaces décrites sont en passe de devenir réalité.
* en moins d'un an : harcèlement moral (plus d'une douzaine de visites de ses supérieurs), retraits de salaire (36 jours prononcés), blâme, retrait de la fonction de directeur et atteintes à la liberté d'expression.
Dans les médias :
Mercredi 16 décembre
- CaféPédagogique.net
Bastien Cazals à nouveau sanctionné
Mardi 15 décembre
- Collectif Sauvons-l'école
Reprise du communiqué - LeGrandSoir.info
Reprise du communiqué
Lundi 14 décembre
- Collectif des parents de Saint-Jean-de-Védas
L'acharnement continue !
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Commentaires
Et ça continue, encore et encore, il n'y a plus de mots pour qualifier ces agissements, les seuls qui me paraissent convenir, je n'ai plus le droit de les écrire, sinon un "serviteur modèle de l'état" va encore porter plainte contre moi...
Et oui, si on 'est pas un amuseur patenté par l'état pour calmer le bon peuple comme jadis "le fou du roi", il faut trier soigneusement ses mots car la notion de liberté d'expression est beaucoup plus étroite...
Il n'empêche que l'acharnement que subissent les désobéisseurs est indigne d'un pays comme la France, il est l'expression même de la dérive dans laquelle ce pays perd son âme.
LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE : où êtes vous ?
Ne soyons pas complices, refusons cette régression, résistons par tous les moyens et tous ensemble.
Écrit par : Le Sioux | 15.12.2009
Au moment où parents et enseignants commencent à prendre concience de la nocivité des mesures prises pour l'école primaire, où l'encadrement intermédiaire doute, où des experts contestent la pertinence de l'aide individualisée telle qu'elle a été conçue pour un habile effet d'annonce, une inspection académique persiste et signe dans un contexte de développement de l'autoritarisme que j'ai déjà, comme d'autres, dénoncé.
On mesure de plus en plus que malgré la bonne volonté des enseignants, malgré la loyauté (ou le zèle) des inspecteurs, laide individualisée démontre ses limites. Bientôt sans temps de préparation et de concertation, elle se réduira à des cuillères de soupe (bled, conjugaison, opérations) supplémentaires pour ceux qui vomissent dès qu'ils en perçoivent l'odeur. Le matin, le midi ou le soir, avec des journées déjà trop longues, alors que les autres jouent dans la cour ou ailleurs, superposées sasn concertation à une quantité d'autres dispositifs d'accompagnement ou d'aide, ces séances commencent à être déconsidérées par les familles. Les enseignants parfois contraints à de lourdes tâches administratives supplémentaires (PPRE de 10 pages pour chaque enfant signalé, par exemple) de démobilisent et se jettent dans les délices d'une résistance passive que l'on connaît bien quand on a vécu dans les écoles. Mais tout cela n'empêche pas l'exploitation politicienne, la manipulation de l'opinion publique, l'abandon des vrais problèmes, par exemple celui de la pédagogie en temps scolaire "normal" dont plus personne ne parle...
On tente de faire oublier que l'éducation est synonyme de liberté et d'intelligence
Je me réjouis que les syndicats d'enseignants aient exprimé leur solidarité.
Je regrette que la prise de conscience des dangers pour la société, que le mouvement contre la destruction programmée de l'école ne soit pas plus puissants.
Plus le temps passe, plus on aura de difficulté à construire l'école du futur, généreuse, démocratique, moderne, doént on a tant besoin.
Solidatité avec Bastien Cazals
Écrit par : Pierre FRACKOWIAK | 16.12.2009
Où commence le harcèlement moral ?
Visiblement, certains de nos cadres auraient pu faire carrière chez France Télécom !
L'administration est en train de se ridiculiser, non seulement au travers des ordres qu'elle donne (nouveaux programmes, aide personnalisée, base-élèves, évaluations nationales), mais également en sanctionnant ceux qui n'y soumettent pas avec docilité.
Visiblement, on ne s'embarasse pas trop des règles habituelles pour sanctionner celui à qui on reproche... des entorses au règlement ! Un comble...
La rigidité, par son refus de prise en compte de la réalité, est une preuve de laxisme, dans l'administration comme en pédagogie.
Alors bon courage à Bastien à qui j'adresse mon soutien amical.
Amicalement.
Sylvain Grandserre
Écrit par : Sylvain GRANDSERRE | 16.12.2009
"Le premier qui dit la vérité..." "... il doitêtre éxécuté!"
"Et pourtant elle tourne!..." Galiléo Galiléi : Galilée
Pour vos problèmes: "Cherchez pas, c'est la tête!
C'est à la tête que ça ne tourne pas rond!"
Mais patience! Dans très peu de temps, c'est parti...!!!"
Bonne fin d'année, en attendant!
Écrit par : Eliane THERET | 16.12.2009
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