21.04.2009
Solidaires et déterminés pour sauver l'école publique
Après avoir été démis de ses fonctions, Jean-Yves Le Gall, directeur d'école en Isère, a été sommé, début avril, de demander une autre affectation pour la rentrée 2009 ;
La semaine dernière, Isabelle Huchard, directrice d’école dans l'Hérault, a été sanctionnée d’un blâme ;
François De Lillo, directeur d'école en Ariège, est convoqué en commission disciplinaire ce jeudi 23 avril ;
Tous trois refusent « de participer à l’établissement d’un répertoire national d’immatriculation des élèves permettant de conserver des données pendant 35 ans » et, comme 180 collègues, sont signataires de l’appel des directeurs contre Base élèves.
Alors même que la justice, emboîtant le pas du Comité des droits de l'enfant de l'ONU, se saisit du dossier « Base Elèves » au travers d'une enquête préliminaire, ouverte par le parquet de Marseille, sur ce fichier informatique controversé, la répression est la seule réponse apportée par l’Etat à ces actes conscients de désobéissance. Pourtant, comme les enseignants en résistance pédagogique, qui l'ont réaffirmé dans leur appel du 21 avril, les directeurs d'école ne céderont pas.
Pour obtenir plus que la levée des sanctions infligées à ces collègues, Bastien Cazals appelle l’ensemble des directeurs d’école à signer l’appel contre Base Elèves (écrire à base-eleves@orange.fr) et les parents d’élèves de l'Hérault à effectuer un dépôt collectif de plaintes contre X dans les prochaines semaines.
Mais il faut plus que le retrait de Base élèves... Aujourd'hui, il est tout simplement question de sauver l'école publique, dont la mutation en entreprise sera un véritable désastre républicain !
Dans la presse
Jeudi 30 avril
- La Gazette de Montpellier
Bastien Cazals sort un livre - ValeursActuelles.com
L'école des désobéisseurs
Mardi 28 avril
- Midi Libre
Bédarieux : Rencontre avec B. Cazals
Lundi 27 avril
- CaféPédagogique.net
Un collectif à l'assaut de Base elèves
Dimanche 26 avril
- Midi Libre
Le brûlant tableau noir de Bastien Cazals
Jeudi 22 avril
- Midi Libre
Ca se calme mais ça grenouille toujours
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05.02.2009
Remerciements
Bastien Cazals remercie tous les citoyens (parents, grands-parents, enseignants, retraités et autres) pour leur soutien financier qui compensera les 475€ effectivement retenus sur son salaire de janvier et correspondant à 8 des 12 jours de retraits prononcés pour le mois de décembre 2008.
Il remercie également tous les parents d'élèves de l'école Louise Michel à St Jean-de-Védas (Hérault) qui ont largement manifesté leur soutien et participeront à l'action nationale « Attachons-nous à notre école ! », ce vendredi 6 février à 16h30.
14:36 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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20.12.2008
Rétablissement des sanctions...
Ayant pris connaissance, par voie de presse, du communiqué de monsieur le Recteur de l'Académie de Montpellier et des propos de monsieur l'Inspecteur d'Académie de l'Hérault, Bastien Cazals réaffirme son engagement d'accueillir des élèves sur le temps dévolu à l'aide personnalisé à partir de janvier 2009, et précise que cela sera fait dans le cadre du dispositif déjà validé par l'Inspectrice de l'Education Nationale de la circonscription de Gignac, conformément à ses obligations de service.
En rejoignant ainsi la position commune aux "désobéisseurs" Bastien Cazals souhaite concilier ses obligations de service et la nécessaire poursuite d'une opposition active aux transformations actuelles de l'école publique.
Dans la presse
3 janvier 2009
- France Inter
Emission Eclectik - Le Républicain Lorrain
Ces enseignants qui désobéissent
2 janvier 2009
- L'indépendant
Les instits "désobéisseurs" prêts à se battre en justice
29 décembre 2008
- Midi Libre Montpellier
Cazals, l'instit le plus désobéissant
23 décembre 2008
- Les Inrockuptibles
2008 vu par un directeur de maternelle
22 décembre 2008
- Mediapart
Deuxième victoire de la désobéissance : Bastien Cazals à nouveau sanctionné - L'Hérault du Jour
Affaire Cazals : le recteur fait volte-face - La GazettedeMontpellier.fr
Affaire Cazals : l'inspection académique rétablit les sanctions
21 décembre 2008
- Midi Libre Région
Cazals - la sanction retombe - Midi Libre Montpellier
Affaire Cazals - le recteur rétablit les sanctions
20 décembre 2008
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19.12.2008
Levée de toutes les sanctions contre Bastien Cazals
Bastien Cazals vient d'être informé que l'Inspection Académique de l'Hérault lève toutes les sanctions financières prononcées à son encontre et abandonne la procédure disciplinaire ouverte récemment.
Compte tenu de ce geste d'apaisement décidé par l'administration, Bastien Cazals annonce qu'il s'inscrira dans la dynamique collective engagée par les 384 désobéisseurs qui ont déposé leur lettre individuelle ce mercredi 17 décembre, notamment pour s'opposer à la suppression des postes d'enseignants spécialisés membres des RASED, annoncée par monsieur le Ministre de l'Education Nationale pour la rentrée prochaine.
Ainsi, à partir de la rentrée de janvier 2009, Bastien Cazals adoptera la même position que ces collègues, à savoir qu'il accueillera tous les élèves dont les parents le souhaitent, sur le temps dévolu à l'aide personnalisée, pour mettre en place des activités complémentaires du travail effectué en classe.
Conscient d'avoir participé à l'amplification du mouvement de protestation contre les transformations en cours et à venir au sein du service public d'Education Nationale, Bastien Cazals remercie toutes les personnes, parents d'élèves, enseignants, syndicats, organisations associatives et politiques, de leur soutien dans sa démarche et les épreuves qu'il a traversé ses dernières semaines.
Prenant acte de ce changement d'attitude de l'administration, Bastien Cazals est, plus que jamais, fermement décidé à poursuivre son engagement actif dans la défense de l'école républicaine laïque et renouvèle la demande faite à monsieur le Président de la République de prendre une position claire sur l'avenir de l'Education Nationale.
Dans la presse
20 décembre 2008
- L'Hérault du Jour
La belle victoire du courage et de la solidarité - La GazettedeMontpellier.fr
Bastien Cazals : sanctions levées
19 décembre 2008
- Midi Libre
Bastien Cazals chez l'inspecteur
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18.12.2008
Communiqué de Bastien Cazals à sa sortie de l'Inspection Académique de l'Hérault
Comme annoncé mardi dernier, Bastien Cazals s'est rendu à l'Inspection Académique de l'Hérault, ce jeudi 18 décembre 2008 à 9 heures, accompagné de deux représentants syndicaux
Dans le cadre de l'ouverture d'une procédure disciplinaire à son encontre, M. Cazals a pu consulter son dossier personnel, qui ne contenait aucun élément nouveau, et faire copie des deux rapports de visite effectués par l'Inspectrice de l'Education Nationale de la circonscription de Gignac et qui ont donné lieu aux deux décisions prises par l'Inspecteur d'Académie de retrait sur salaire (5/30è et 3/30è).
Il s'st ensuite entretenu avec l'Inspectrice d'Académie adjointe, et l'I.E.N. de Gignac. Lors de cet entretien, les représentantes de l'administration ont invité M. Cazals à considérer attentivement sa situation personnelle, en lui enjoingnant de réfléchir aux suites qu'il allait donner à ses engagements exprimés dans sa lettre ouverte au Président de la République.
Il n'a pas été question de retirer les sanctions infligées ces derniers jours, portant sur 8 journées de retrait de salaire au seul mois de décembre, et il a été annoncé oralement que la procédure disciplinaire n'était pas encore engagée.
A sa sortie, Bastien Cazals a été massivement acclamé par quelques dizaines de lycéens, également hostiles aux réformes engagées par X. Darcos dans l'enseignement en second degré, et venus apporter leur soutien au mouvement qu'il avait déclenché le 26 novembre dernier, par la publication de sa Lettre ouverte au Président de la République.
Son initiative avait pris une telle ampleur qu'elle avait reçu une adhésion massive, manifestée mardi soir à Saint-Jean-de-Védas par la présence de près de 300 parents d'élèves et collègues enseignants dans une "marche pour la défense de l'Education Nationale et pour le retrait des sanctions infligées à M. Cazals", et hier à Montpellier par la remise à l'Inspecteur d'Académie de 384 lettres de désobéissance signées d'enseignants de l'Hérault.
Rappelons enfin que 4531 signatures de la pétition de soutien à Bastien Cazals ont été déposées hier à l'Inspection Académique de l'Hérault, pétition lancée mercredi 10 décembre (elle recueille à ce jour près de 5000 signatures)
Bastien Cazals assure l'ensemble des parents d'élèves et des enseignants de sa détermination restée intacte pour que les réformes, nécessaires, de l'Education Nationale, soient mises en œuvre en accord et en concertation avec les acteurs concernés, pour le meilleur bénéfice de nos enfants.
A lire aussi
Des parents d'élèves de Saint-Jean-de-Védas écrivent au Président de la République
Lu dans la presse
18 décembre 2008
- L'Humanité
- Les désobeisseurs ne faiblissent pas
- Mediapart
Sanctionnés, les enseignants qui sont entrés en «désobéissance» persistent et signent - LaGazetteDeMontpellier.fr
Affaire Cazals : l'inspection académique calme le jeu - La Gazette de Montpellier
8 jours de salaire en moins pour Cazals - Midi Libre Région
420 "lettres de résistance" contre les réformes de l'école - Midi Libre Montpellier
Cazals n'est plus seul, l'inspecteur est "dérouté" - L'Hérault du Jour
384 instits écrivent leur refus d'obéir - Montpellier Plus
Risque de grève générale en janvier - Le Café Pédagogique
J'ai peu d'espoir - L'indépendant
- 383 "lettres de résistance" remises à l'inspecteur d'académie
- L'express
- Ces enseignants qui font de la Web-résistance
16:18 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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16.12.2008
Bastien Cazals à nouveau convoqué par l'Inspecteur d'Académie
Pour sa quatrième visite en l'espace d'à peine 10 jours, l'Inspectrice de l'Education Nationale de la circonscription de Gignac a rendu visite à Bastien Cazals, ce mardi 16 décembre à 8h30 à l'école Louise Michel de Saint-Jean-de-Védas (34).
Elle a remis à M. Cazals une nouvelle lettre de l'Inspecteur d'Académie ainsi notifiée : "J'ai l'honneur de vous informer que j'ai décidé d'ouvrir une procédure disciplinaire à votre encontre. Dans le cadre de cette procédure, je vous invite à consulter votre dossier professionnel, le jeudi 18/12 à 9h […]. Vous avez la possibilité de vous faire accompagner par un ou plusieurs représentants de votre choix."
Lu dans la presse
17 décembre
- Libération
"Je m'engage à arrêter l'aide personnalisée" - La Gazette de Montpellier
Désobéissance : procédure disciplinaire pour Cazals - Montpellier Plus
Mauvais temps pour Cazals
16:01 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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08.12.2008
Visite et constat de l'Inspectrice de circonscription
L'Inspectrice de l'Education Nationale de la circonscription de Gignac a rendu une visite surprise à Bastien Cazals, ce lundi 8/12 à 13h30.
Elle avait annoncé sa venue, le jeudi précédent, pour ce lundi à 9h mais, l'info étant parue dans une dépèche de l'agence AEF, elle avait finalement annulé le soir-même, sans motif et sans autre date... pour finalement venir à un autre moment et sans s'annoncer !
Missionnée par l'Inspection Académique, elle a pu constater que Bastien Cazals ne faisait pas l'aide personnalisée, depuis le 1er décembre. Elle a appris, par la même occasion, que ses 2 collègues avaient également suspendu leur participation à ce dispositif.
Le compte-rendu doit remonter par la voie hiérarchique et les nouvelles de la sanction vous redescendront par ce canal.
Lu dans la presse
8 décembre 2008
23:34 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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03.12.2008
L'auteur est convoqué par l'Inspecteur d'Académie
Lire le communiqué (au format PDF) rédigé à sa sortie de convocation.
Lu dans la presse
6 décembre 2008
5 décembre 2008
4 décembre 2008
- L'Hérault du Jour
Solidarité autour de l'enseignant entré en résistance - Midi Libre
"Bastien, c'est notre Robin des Bois !" - Montpellier Plus
Soutien à un directeur - La Dépèche
Manifestation pour le directeur rebelle
3 décembre 2008
- Arrêt sur Images
Bastien Cazals, retenez le nom - LaGazetteDeMontpellier.fr
Ecole : sermonné pour avoir voulu désobéir à Sarkozy
Réaction de Bastien Cazals en vidéo - Montpellier Plus
Les syndicats avec le directeur - 20Minutes.fr
Directeur d'école maternelle et va-t-en guerre contre les réformes de l'Education nationale - France Info
Réforme Darcos : quand les profs font de la résistance - France Culture
Le journal de 9 heures
2 décembre 2008
14:57 | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
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25.11.2008
Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy
Montpellier, le 25 novembre 2008,
Cazals Bastien
Montpellier
à
Monsieur le Président de la République
Palais de l'Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
Monsieur le Président de la République,
Si je prends la liberté de vous écrire cette lettre, c'est qu'aujourd'hui, en tant qu'enseignant et directeur d'école comme en tant que citoyen, je suis en colère, proche de la révolte. Je ne peux plus me taire. Je me dois de réagir.
Permettez-moi, tout d'abord, d'insister sur l'expression de mon profond attachement et de mon immense respect pour cette République française dans laquelle j'ai eu la chance de venir au monde. Je suis attaché à ce pays car je considère qu'à certaines périodes de sa longue histoire, il s'y est dit, écrit et fait de si belles choses. Outre l'immense patrimoine culturel qu'elle a constitué, la France – tout particulièrement de sa révolution de 1789 au programme du Conseil National de la Résistance, en passant par la République et sa loi de 1905 sur la laïcité – a su porter si haut et avancer si loin les valeurs universelles consacrées dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qu'elle a fini par faire le choix ambitieux d'une république laïque et démocratique où tous les citoyens vivent ensemble, en bénéficiant de la liberté, de l'égalité et de la solidarité ! Tellement admirable que j'ai choisi de servir cette République, ma République. J'en serais presque fier... sauf que je ne suis pour rien dans tout cela, j'en hérite. Et un tel héritage se partage ou se défend !
C'est ainsi que j'arrive à l'objet de ma lettre. En ce début de XXIème siècle, que reste-t-il de l'état républicain à la fois puissant et protecteur, comme de ses grandes missions d'intérêt public ? Plus grand chose : les idéologies en vogue étouffent la flamme républicaine tandis que les réformes en cours dépècent les derniers lambeaux des services publics. D'autres pourraient citer la justice, la santé ou la solidarité, je vous parlerai de ce que je connais, de ce que j'ai choisi : l'école primaire publique.
Monsieur le Président, autant vous le dire de suite, avec les transformations qui s'opèrent actuellement, l'État ne pourra plus garantir à chaque citoyen les mêmes droits en terme d'éducation. Et il s'agit, là, du déni d'un droit fondamental, surtout dans une république qui se prétend historiquement éclairée par le savoir et la pensée, la finesse et le bon goût. Cette ''modernisation'' de l'Éducation Nationale, qui se construit pas à pas depuis des années, avance sur plusieurs plans à la fois mais dans une grande cohérence. Sachant que votre temps est précieux, j'ai donc choisi de n'en aborder qu'un aspect, le plus saisissant.
Ayant déclaré la guerre contre l'échec scolaire, votre ministre en charge du dossier a entrepris de moderniser l'école prétendument dans l'intérêt des élèves mais avec quand même, dans un coin de la tête, les impératifs budgétaires liés à la mise en œuvre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), au respect du pacte européen de stabilité et autres contingences financières. Ainsi, à cette rentrée 2008 et sans concertations préalables aux prises de décisions, M. Darcos a ainsi décidé :
- de mettre en place des nouveaux programmes qui conviennent parfaitement aux élèves comme ma fille, qui est structurée, attentive et appliquée, mais ne laisseront que peu de chances à son copain Victor de surmonter ses difficultés d'apprentissage ;
- de diminuer le nombre d'heures de classe pour les élèves comme ma fille qui travaille bien et comprend vite mais pas pour Victor qui est soutenu 2h par semaine dans ses difficultés d'apprentissage ;
- et de renforcer le dispositif de stages de remise à niveau en CM1/CM2 pour que Victor entretienne ses difficultés d'apprentissage pendant les vacances de ma fille...
Mais ce n'est pas tout – et Victor est finalement un peu chanceux, car la rénovation du primaire est en cours et, pour la rentrée 2009, sans plus de concertation, M. Darcos nous annonce qu'il va :
- supprimer progressivement les enseignants membres du Réseau d'Aides Spécialisées au Enfants en Difficulté (RASED) qui aident Victor pendant le temps scolaire et sans lui refaire la classe ;
- mettre toujours plus d'élèves par classe – puisque toujours moins d'enseignants – ce qui ne plaira pas trop à ma fille qui aime avoir l'attention de la maîtresse mais beaucoup à Victor qui préfère se faire oublier ;
- et remplacer la prise en charge à l'école publique des 2/3 ans par leur accueil dans des structures locales payantes, ce qui n'affectera pas la scolarité de Victor mais de son petit frère Hugo qui restera encore un an à la maison avec sa maman car « sa veau pas l'coup de bosser au smig si faut payer le jardin des veilles » ! Hugo n'aura donc pas la chance de son frère de bénéficier des apports langagiers et de la stimulation cognitive d'une première socialisation à l'école maternelle.
Croyez-vous sincèrement, Monsieur le Président, que votre ministre pourra, par de telles réformes, atteindre l'objectif qu'il s'est fixé de diminuer par trois le nombre d'élèves en difficulté ? Et pouvez-vous m'affirmer que l'école primaire de demain continuera d'assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale ?
Actuellement, nous assistons à la mise en œuvre, à marche forcée, des dernières grandes étapes de la transformation du système éducatif français. J'en veux pour preuve l'autoritarisme croissant exercé par la hiérarchie, le souci de rendre improductif l'exercice du droit syndical au travers du Service Minimum d'Accueil (SMA), ou celui de faire surveiller l'opinion et l'activisme des enseignants !
Aussi, comme bon nombre d'entre eux, j'entre aujourd'hui en résistance parce que je ne peux me résoudre à ce que l'école publique, mon école, ne se préoccupe ni de Victor, ni de Hugo, sans être pour autant en mesure de faire éclore un nouveau Victor Hugo. La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration (article 15 de la DDHC de 1789) c'est pourquoi d'un fonctionnaire dévoué je me vois contraint de devenir un fonctionnaire désobéissant ! En conséquence, en tant qu'enseignant tout d'abord, je prends les décisions suivantes :
- Je n'appliquerai pas les nouveaux programmes mais continuerai à travailler dans l'esprit des programmes de 2002 (qui n'ont d'ailleurs fait l'objet d'aucune évaluation).
- Je n'effectuerai pas l'aide personnalisée auprès des élèves (qui est destinée à remplacer l'aide spécialisée du Rased) mais mettrai à profit ces 60 heures annuelles pour rencontrer les parents deux fois dans l'année (en milieu et fin d'année), organiser les projets pédagogiques collectifs et également pour faire vivre la bibliothèque de mon école (qui est actuellement sous-utilisée faute de personnel mis à disposition).
- Je ne déclarerai pas à l'administration mon intention de faire grève, 48h à l'avance, mais j'informerai, comme par le passé, les parents d'élèves au moins deux jours avant.
- Je ne me porterai jamais volontaire pour les stages de remise à niveau ni ne transmettrai de liste d'élèves.
Ensuite, en tant que directeur, je prends les décisions suivantes :
- Je ne participerai plus au fichage centralisé des écoliers via Base Elèves
- Je ne traiterai plus que les demandes administratives qui concerneront directement les élèves, mes collègues ou le fonctionnement de mon école.
Enfin, en tant que simple citoyen en dehors de tout parti politique, je n'empêcherai pas la diffusion de ces prises de position professionnelles mais au contraire, tenterai de participer à l'émergence d'une résistance citoyenne et non-violente, porteuse d'un projet de société généreux et ambitieux – depuis la crise financière, nous savons tous qu'il est possible de trouver beaucoup d'argent lorsque c'est nécessaire – car notre République est en train de tourner le dos à ses dernières missions d'intérêt public...
Conscient que vous ne mesuriez probablement ni l'ampleur du désastre qui menace l'école, ni celle de la colère qui submerge le monde enseignant, je sais que vous entendrez mon appel et ne décevrez pas l'espoir que je mets dans la grandeur de votre fonction.
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Président de la République, l'expression de mon attachement respectueux à la dignité de l'État républicain laïc et de croire en ma détermination à continuer d'œuvrer pour tous les élèves qu'ils soient ma fille, Victor ou Hugo.
CAZALS Bastien
> Copie à l'Inspection de l'Éducation Nationale de la circonscription de Gignac.
> Diffusion auprès des relais d'opinion.
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